Jeux Olympiques, ENFIN !

Athènes, berceau des Jeux Olympiques

Enfin ! Ce n’est pas nous qui le disons, c’est L’Equipe qui le titrait le jeudi 14 septembre dernier. Oui, enfin, les Jeux Olympiques d’été reviennent en France après cent ans d’absence. S’il y avait bien eu ceux d’hiver en 1968 et 1992, la grand’messe estivale du CIO n’avait plus chanté « cocorico » sur le sol français depuis 1924.

C’est donc en 2024 que Paris aura le privilège de voir revenir les anneaux olympiques. Un privilège conquis après de nombreux échecs, certes, mais trois dernières années menées de main de maître. Retour en quelques dates sur l’histoire olympique tricolore.

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En marge de l’exposition universelle, Paris organise les deuxièmes Jeux Olympiques modernes dans une compétition s’étalant sur plusieurs mois, du 14 mai au 28 octobre. Si l’intérêt du public n’est pas encore au rendez-vous, cette édition est marquée par quelques premières historiques : des femmes qui participent aux épreuves pour la première fois – elles sont au nombre de 22 ; le premier Noir champion olympique, l’Haïtien Constantin Henriquez… Toutefois, ces JO ne sont pas restés dans les annales comme une franche réussite… La faute à une absence totale de communication autour d’un événement organisé dans le cadre d’un autre, alors plus important, les Concours internationaux d’exercices physiques et de sports.

Jeux Olympiques - Le 110m haies en 1900 avec des obstacles en bois

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Première déception olympique pour la France : alors que Lyon était candidate pour accueillir cette compétition symbolique à l’issue de la guerre, c’est Anvers et les Belges qui obtiennent les JO. Une façon de rendre hommage à un pays, la Belgique, pris dans le feu des combats de cet immense désastre humain.
Dans ce contexte, ces JO de 1920 demeurent éminemment particuliers puisque certaines nations, l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie ou encore la Bulgarie, ne sont pas conviées suite à leur alignement durant la Première Guerre Mondiale. Par ailleurs, c’est cette année-là qu’apparaissent les fameux anneaux, tout comme le serment olympique : « Nous jurons que nous nous présentons aux Jeux Olympiques en concurrents loyaux, respectueux des règlements qui les régissent et désireux d’y participer dans un esprit chevaleresque pour l’honneur de nos pays et la gloire du sport. »

Lettre de Pierre de Coubertin pour les Jeux Olympiques

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Il aura fallu la volonté farouche du baron Pierre de Coubertin pour que ces Jeux Olympiques de 1924 reviennent à Paris – après l’édition peu réussie de 1900. Celui-ci, président du CIO, souhaitait tirer sa révérence, et le faire à l’issue d’une compétition démontrant le savoir-faire tricolore. C’est le cas, puisque ces JO bénéficieront d’un très important relais médiatique.
Pour un véritable succès populaire ? Pas vraiment dans les stades, la faute à des places aux tarifs prohibitifs. Mais dans les conversations, oui, dans les radios, les cafés des sports et cafés olympiques qui voient le jour… 44 nations participent à l’événement, 3000 athlètes masculins et 135 féminines… La France termine troisième au classement des médailles, derrière la Finlande et les États-Unis.

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Rebelote pour la capitale des Gaules qui essaie d’attirer les Jeux Olympiques entre Rhône et Saône. C’est à la fin des années 60 qu’émerge une nouvelle candidature lyonnaise sous l’impulsion du Maire, Louis Pradel. Il faut dire que la municipalité souhaitait se lancer dans un grand plan dédié à la construction d’équipements sportifs à une époque où la pratique du sport prend son envol. Cette candidature remporte une petite victoire dans un premier temps, puisque Lyon est désignée comme représentante française à la place de Paris. Puis, malheureusement, une défaite, la ville de Mexico remportant le scrutin.
Pour l’anecdote, il était prévu que le stade de Gerland, dont la capacité d’accueil est aujourd’hui de 35 000 places (après avoir longtemps tourné autour de 42 000), soit optimisé pour recevoir… 95 000 personnes.

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Cela fait déjà 68 ans que Paris et la France n’ont plus accueilli les JO d’été. La capitale se lance donc dans une nouvelle candidature pour l’édition 1992. C’est Barcelone qui remporte la timbale, élue au troisième tour du scrutin avec 47 voix, contre 23 à Paris, 10 à Brisbane et 5 à Belgrade. Il faut dire qu’à l’instar de Pierre de Coubertin en 1924, Juan Antonio Samaranch, président du CIO d’alors et Barcelonais pur jus, militait ardemment pour une organisation catalane, afin de s’offrir « ses » jeux.
La France ne perd néanmoins pas tout dans cette affaire, puisqu’elle se voit attribuer en lot de consolation les Jeux Olympiques d’hiver à Albertville. 1992 reste d’ailleurs comme la dernière année qui voit synchronisés les JO d’été et d’hiver. À partir de 1994, deux ans séparent les olympiades estivales et hivernales.

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Des échecs et encore des échecs… Certains sont prévisibles, comme la candidature de Lille pour l’édition 2004. La métropole nordiste se déclare candidate à la fin des années 90 et propose un dossier de qualité. Mais, face à la concurrence d’Athènes, qui sera finalement désignée, ou Rome, le dossier français n’est pas retenu parmi les cinq finalistes. Un peu plus tard, Paris se positionne pour 2008. Cependant, comme Jean-François Lamour, ministre des Sports à l’époque, le confie : « C’était perdu d’avance, car le CIO avait de toute façon prévu de donner les Jeux à la Chine. »
Pékin impose son dossier, Paris repart bredouille… mais s’accroche pour une nouvelle candidature aux JO 2012 ! L’histoire, on la connaît : 50 voix pour Paris, 54 pour Londres. Et une défaite extrêmement douloureuse.

Stade national de Pékin, aussi appelé Nid d'oiseau,pour les JO 2008

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Le 31 janvier 2014, le lancement d’une étude d’opprtunité pour la candidature de Paris aux JO 2024 est annoncé. Après que diverses personnalités politiques se sont prononcées, le candidature est officiellement déclarée le 23 juin 2015.
Le 15 septembre, le dossier est déposé ; les villes concurrentes ? Los Angeles, Hambourg, Rome et Budapest. Quelques semaines plus tard, les Allemands se retirent de la course. Le 11 octobre 2016, c’est Rome, une candidature au profil très similaire, qui abandonne. Enfin, le 22 février 2017, Budapest laisse Paris et Los Angeles face à face. Très rapidement, une piste se dégage pour satisfaire tout le monde : la double attribution 2024 et 2028, qui est mise à l’étude par Thomas Bach, président du CIO. Piste confirmée le 9 juin dernier. Le suspens d’ores-et-déjà évacué… et c’est le 13 septembre, à Lima, que Paris se voit attribuer les Jeux Olympiques 2024. Un siècle après les précédents.

La fin d’une histoire très compliquée entre la France, pourtant aux prémices de l’olympisme avec Pierre de Coubertin, et les Jeux Olympiques.
À dans sept ans !