Real Madrid-PSG : ils l’ont fait avant eux…

Le Paris Saint-Germain se tient face à une montagne. Montagne de titres, montagne d’histoire, montagne de joueurs emblématiques… Cette montagne, c’est le Real Madrid. Alors, non, disons-le, le PSG ne peut pas vraiment se la jouer David qui défierait Goliath. Les millions sont là par centaines, Neymar, Cavani, Mbappé aussi et les dynamiques respectives peuvent inciter les Parisiens à beaucoup d’optimisme.

Mais le Real reste le Real, double tenant du titre, vainqueur de 12 Ligues des Champions, emmené par Cristiano Ronaldo, Luka Modric, Marcelo, Toni Kroos et Karim Benzema. Alors, du côté des Passionnés, non contents de vous emmener dans les travées de Santiago Bernabeu, on se permet de rappeler quelques exemples inspirants aux Parisiens afin de les aider à ébranler la « Casa Blanca ».

Déplacement à Madrid pour assister à l'affiche en Champions League Real-PSG

Niçois héros… sans lendemain

Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Les moins de 30 non plus. Et de 40. En fait, je vous parle d’une époque déjà lointaine, qui voyait l’OGC Nice et le Stade de Reims dominer la scène nationale et s’illustrer en Europe. Si les exploits rémois sont bien connus, les performances niçoises le sont un peu moins… Et pourtant, Nice a réussi ce que Reims a échoué à faire : battre le Real Madrid.

Le Real de Di Stefano, Gento et Puskas

C’était en 1960. L’OGC Nice, champion de France en titre devant Nîmes et le RC Paris, dispute la reine des compétitions européennes, la Coupe des Clubs Champions. Après avoir battu les Shamrock Rovers et les Turcs de Fenerbahce, les Azuréens s’attaquent aux quarts de finale… et au grand Real, quadruple tenant du titre. Alfredo Di Stefano, Ferenc Puskas, Francisco Gento… Autant de noms qui ont fait la légende du club espagnol et qu’il s’agit de renvoyer à leurs études.

Et c’est le cas, le temps d’une folle 2ème mi-temps qui voit Nice mené 0-2, devant son public, renverser la situation et s’imposer 3-2. Le héros du jour ? Victor Nurenberg. Son nom ne vous dira rien, à moins d’être fan du club. Il en est pourtant le meilleur buteur en championnat avec 111 réalisations en 302 matchs.

Une victoire, mais pas de qualification

Si les Parisiens pourront s’inspirer de ce qu’ont réussi les Niçois au match aller, il faudra oublier le match retour. Car le Real n’aura pas été longtemps abattu… Pepillo, Gento, Di Stefano et Puskas permettent aux Madrilènes d’écraser les Tricolores 4-0 et de se qualifier pour les demi-finales. Ils remporteront même la compétition. Rouleau compresseur.

Souvenir, souvenir... La victoire de l'OGC Nice face au Real Madrid, en 1960 !

La principauté renverse le roi

Ah, 2004, les années lyonnaises, le fiasco des Bleus au Portugal, le retrait international de nos héros de 98… et la formidable épopée monégasque ! À la lutte pour le titre national avec l’Olympique Lyonnais et le Paris Saint-Germain, l’AS Monaco laisse finalement ses deux concurrents la devancer d’un rien alors qu’elle était encore leader à la 31ème journée. La faute à un parcours européen exceptionnel qui aura forcément laissé des traces.

Les Galactiques six pieds sous terre

Après une phase de groupes parfaitement maîtrisée et marquée par le carton hallucinant face au Deportivo La Corogne, 8-3, les hommes de la Principauté ne tremblent pas en huitièmes de finale… et retrouvent, sur leur route, le Real Madrid en quarts. À cette époque, le Real, c’est encore Casillas, Zidane, Raul, Ronaldo, Figo, Beckham, Roberto Carlos… Les fameux  » Galactiques « , champions d’Espagne et demi-finalistes de la Ligue des Champions l’année d’avant.

Mais, face à cette équipe en fin de cycle, Monaco joue crânement sa chance. Vaincu 4-2 à l’aller, sauvé par Fernando Morientes à la 83ème minute, marquant face à son ancien club le but de l’espoir… le club princier réalise une performance majuscule au retour, à domicile. Ludovic Giuly est en feu et inscrit un doublé ; Jérôme Rothen fait parler sa qualité de passe ; Dado Prso est encore là, tout comme Shabani Nonda ; et la défense Evra/Ibarra/Rodriguez/Givet tient le coup.

Une épopée européenne comme les clubs français en ont peu connu

Au final, l’AS Monaco s’impose 3-1 et se qualifie grâce à la règle du but à l’extérieur. En demi-finale, c’est Chelsea qui subit encore sa loi malgré Makélélé, Desailly, Lampard et Crespo. Seul le FC Porto saura les vaincre… en finale, malheureusement. Oui, clairement, le PSG peut s’inspirer de ce grand millésime de l’AS Monaco.

Quelle épopée monégasque en 2003-2004... notamment en 1/4 de finale de la Champions League contre le Real Madrid

Lyon, les exploits vont par trois

Si un club français a su faire douter le Real Madrid par le passé, c’est bien l’Olympique Lyonnais. Dans la capitale des Gaules, entre 2006 et 2010, on a vu son équipe de cœur affronter six fois les Madrilènes. Le bilan ? Trois victoires et trois nuls, dont des succès marquants 3-0 et 2-0 en phases de poule. Autant dire que Roberto Carlos, Fabio Cannavaro, David Bekham, Raul et Ruud Van Nistelrooy ont dû se sentir maudits face à la bande à Govou et Juninho.

Madrid, souffre-douleur entre Rhône et Saône

Mais la performance la plus scotchante des Gones a lieu en 2010. Les Lyonnais ne sont plus l’invincible armada septuple championne de France. En championnat, fin décembre, ils ne pointent qu’à la sixième place… Mais les joutes européennes peuvent tant paralyser que galvaniser. Face à Cristiano Ronaldo et ses coéquipiers, en très grande forme, l’OL réussit le coup parfait au match aller, s’imposant 1-0 sur une frappe superbe de Jean II Makoun.

Au retour, Pjanic répond à Cristiano et la défense lyonnaise, pourtant décimée par les blessures, tient le choc. Un petit miracle. Et le début d’un parcours inespéré qui portera les hommes de Claude Puel jusqu’en demi-finales. Ça tombe bien : les demies, c’est l’objectif annoncé du président parisien, Nasser Al-Khelaifi.

L’OL, la référence en matière de succès face au Real

En revisionnant les trois succès lyonnais face à l’ogre espagnol, ce dernier trouvera peut-être la recette pour que son club réussisse une performance similaire : un engagement de tous les instants, une discipline défensive fondamentale et un réalisme offensif essentiel face à une équipe qui laisse généralement très peu d’occasion. Y’a plus qu’à !

L'exploit de l'OL qui élimine le grand Real Madrid en 1/8e de finale de la Champions League

Paris aussi l’a déjà fait…

C’était en 1993 et 1994. Pas en Ligue des Champions, certes, mais la performance reste tout de même inscrite au panthéon des grands exploits français en Coupe d’Europe. En 1993, le PSG élimine le Real en quarts de finale de la Coupe de l’UEFA. Une défaite 3-1 à l’aller, mais un succès mémorable au retour : 4-1, Weah, Ginola, Valdo pour l’espoir et le coup de boule final et victorieux d’Antoine Kombouaré au bout du bout… Le Parc en tremble encore.
L’année d’après, les Parisiens ont même le culot de remettre ça. En quarts de la Coupe des Coupes, cette fois, une victoire 1-0 et un match nul 1-1 leur permettent de sortir un Real alors en recherche de sa gloire passée et dominé, en Espagne, par le Barça de Cruyff. L’eau a coulé sous les ponts…