10 secondes…

La désillusion française lors de son match face à la Bulgarie en 1993 lors des qualifs pour la Coupe du Monde

Un Bulgarie-France décisif, cela rappelle forcément des souvenirs… En 1993, c’était France-Bulgarie avec un enjeu similaire : une qualification pour la Coupe du Monde. Heureusement, cette fois-ci, les Bleus auront droit à l’erreur, puisqu’une dernière rencontre, dans la foulée, les attend contre la Biélorussie. Avant un éventuel barrage en cas de faux pas… Ouf !

Thierry Roland : Il va donner à David Ginola, qui peut centrer… C’est Kremenliev qui va récupérer ce ballon.
Jean-Michel Larqué : On est dans les… 10 secondes de la fin du temps réglementaire.
T.R. : Penev, loin devant… Attention ! Attention… Kostadinooov !
J.-M. L. : Oh but !
T.R. : Ohlalalalalala…
J.-M. L. : À 10 secondes… C’est la fin ! À 10 secondes de la fin…
T.R. : À 10 secondes, Kostadinov qui marque ! Aïe aïe aïe… quelle catastrophe !
J.-M. L. : 10 secondes de la fin… 10 secondes… c’est le but de Kostadinov…
T.R. : C’est la mise à mort. 10 secondes même pas à jouer. »

10 secondes seulement, mais un traumatisme pour une petite éternité. « Petite », oui, car ce n’est que du sport. Et que l’éternité n’a finalement pas grand chose à voir avec ces 13 joueurs, maillot bleu-short blanc, qui se regardent tête basse ce soir du 17 novembre 1993. Pour plusieurs générations de passionnés, ces 10 secondes resteront néanmoins comme l’une des plus grandes désillusions du sport français au XXème siècle.

Et pourtant… Ce 17 novembre, cette défaite 2-1 de l’équipe de France de football contre la Bulgarie, cet échec à se qualifier pour la Coupe du Monde 1994 trouvent leur origine et un début d’explication un mois plus tôt, le 13 octobre.

Ce jour-là, les Bleus affrontent l’équipe d’Israël. La bande à Papin est alors première de son groupe, les Israéliens bons derniers… Une victoire suffirait pour voir l’Amérique en juin prochain. Le tube de Joe Dassin est d’ailleurs diffusé juste avant la rencontre.
Et le journal L’Equipe n’envisage pas autre chose qu’un succès : « On ne donne, à vrai dire, pas cher de la peau des Israéliens aujourd’hui contre une équipe de France jouant simplement sur sa valeur du moment et développant sa logique habituelle. À savoir : jouer haut, vite et fort. »

Après la façon dont on a laissé échapper la qualification contre Israël, alors là, c’est sûr, on passerait pour des cons… »  – Gérard Houllier

Le « faux pas », l’« énorme connerie »… contre Israël

Sauf que… Sous le déluge, les Tricolores vont se laisser surprendre, endormir, avant de se faire réveiller par une demi-volée d’Atar sous la barre. À la 93ème minute. Score final : 3-2 pour Israël.
Une faute professionnelle ? Pire, mais Gérard Houllier, sélectionneur, ne le sait pas encore. « C’est le faux pas, l’énorme connerie, le truc comme il en arrive pourtant en foot à toutes les équipes tous les 20 ans », fulmine-t-il en conférence de presse. Avant d’envisager, déjà, cette rencontre décisive face à la Bulgarie : « Après la façon dont on a laissé échapper la qualification contre Israël, alors là, c’est sûr, on passerait pour des cons… »

La suite, on la connaît… Un dernier match le 17 novembre. Un dernier adversaire, la Bulgarie, avant, l’espère-t-on, le rêve américain. Un match nul ou une victoire à aller chercher.

Une de L'Equipe le lendemain de la cruelle défaite des Bleus contre la Bulgarie en 1993. Pas de Coupe du Monde aux USA pour les Bleus

La débandade.

Les Bleus sont crispés, peinent à développer leur jeu, accumulent les erreurs techniques… et ne mène que cinq minutes après l’ouverture du score d’Éric Cantona, à la 32ème minute. Emil Kostadinov, déjà lui, permet aux Bulgares, d’un joli coup de tête, de revenir à un partout dès la 37ème. Un statu quo qui, jusqu’à la 89ème minute, permet à l’équipe de France d’être qualifiée pour la Coupe du Monde.

Jusqu’à la 89ème et ces 10 dernières secondes.

Allez pour les plus téméraires ou ceux qui n’étaient pas nés à l’époque, voici les derniers instants du match…. Ames sensibles s’abstenir !

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