Fous du Mans et du volant !

Départ des 24h du Mans, un grand moment !

Fragiles du volant, allergiques à la gomme, fébriles de la cinétose… passez votre chemin !
Car il faut savoir apprécier le doux vrombissement d’un moteur de plusieurs centaines de chevaux pour profiter pleinement des 24 heures du Mans. Ou simplement savourer les épreuves mythiques, dont les légendes s’écrivent depuis des décennies.

C’est le cas de Sa Majesté de la Sarthe, qui déroule son circuit des 24 heures depuis 1923. Mais connaissez-vous bien cette course fameuse ? Révisez pour l’édition 2017 avec Les Passionnés !

1/ Que s’est-il passé en 2016 ?

L’année dernière, c’est un scénario invraisemblable qui a sacré la Porsche n°2 de Marc Lieb, Romain Dumas et Neel Jani. En effet, la Toyota n°5 (Anthony Davidson/Sébastien Buemi/Kazuki Nakajima) était encore en tête à l’avant-dernier passage sur la ligne. Mais un problème technique la stoppe dans la ligne droite des stands alors que la victoire lui tend les bras !

Résultat : bouclant son dernier tour hors-délais, elle n’apparaîtra même pas dans le classement final…

Auparavant, la course avait été marquée par d’innombrables chassés-croisés en tête, avec des voitures se tenant en une poignée de secondes, et, surtout, un départ donné derrière la safety car. Une première dans l’histoire des 24 heures à cause d’un petit déluge tombé au plus mauvais moment.
Bref, une édition haletante !

2/ Quelles sensations ressentent les pilotes tout au long de la course ?

« Quand le soleil se lève, cela t’apporte un second souffle, comme si t’étais à 10 km de l’arrivée d’un marathon. Sauf que, là, c’est encore très long. » Les confidences de Romain Dumas, vainqueur de l’édition 2016, dans les colonnes de 20 Minutes, en disent long sur l’expérience unique que constituent les 24 heures du Mans.
Et les courses d’endurance, d’une façon générale, dont la durée nécessite une concentration exceptionnelle, tout en poussant à bout les physiques des pilotes. « Il faut être affûté », continue Romain.

Dans les virages, on prend quatre fois son poids en latéral, au freinage on met 120 à 130 kg sur la pédale de frein pendant des heures. A partir de 10-11h du matin, par exemple, tu es fatigué, tu as envie que ça finisse.

Mais alors… pourquoi s’infliger ça ? Paul-Loup Chatin l’explique : « On roule quand même à 300km/h et c’est ça qui fait que c’est si bon, d’être à la limite et de savoir qu’on exploite au maximum sa voiture. Ça donne une adrénaline de fou ! »

3/ Comment est venue cette idée d’une course de 24 heures sur le circuit du Mans ?

Octobre 1922. Au Grand Palais se tient le salon de l’automobile. Émile Coquille, fabriquant des roues Rudges-Whitworth, George Durant, de l’Automobile Club de l’Ouest, et Charles Faroux, ingénieur et journaliste à L’Auto, s’y retrouvent et décident de lancer une course d’endurance pour voitures de tourisme.

L’objectif ? Prouver la durabilité, la fiabilité et la qualité des voitures de l’époque. Il est choisi d’organiser ce Grand Prix d’Endurance de 24 heures les 26 et 27 mai 1923 sur le circuit permanent de la Sarthe.

Grand Prix Endurance de 24 Heures, les prémices des 24H du Mans

Le règlement est déposé : chaque voiture devra parcourir au moins 78 tours en 24 heures pour être classée (le circuit faisant 17,262 km). Pensez que le simple fait de rouler toute une nuit sans panne d’éclairage relevait à l’époque du petit exploit…

Pour autant, 30 voitures, sur les 33 partantes, parviennent à terminer la course et c’est la Chenard & Walcker n°9 qui s’impose en parcourant 2209 km à 92 km/h de moyenne.
Malheureusement, cette première édition ne rencontra pas un franc succès, puisque le mauvais temps ne permit de rassembler qu’un public clairsemé… Ce n’était que partie remise !

4/ Que s’est-il passé en 1955 ?

L’histoire des 24 heures du Mans n’effacera jamais la funeste édition 1955.
Cette année-là voit un bras de fer terrible entre Mike Hawthorn et Juan-Manuel Fangio en tête de la course. Un bras de fer qui tourne à la catastrophe…

Alors que les voitures tournent depuis presque 2h30 sur le circuit du Mans, Hawthorn doit faire un premier stop. Il bombarde jusqu’à l’entrée des stands et freine brusquement pour s’y engager.
Surprise, la voiture de Lance Macklin, qu’il venait de doubler, fait un écart, qui surprend à son tour le Français Pierre Levegh, qui la talonnait. Ce dernier la percute, sa Mercredes monte sur le talus, s’envole et s’écrase sur un muret, au pied des gradins, avant d’exploser…
Le train avant, le moteur ou encore le capot arrière valdinguent jusque dans les tribunes. 84 morts et 120 blessés : c’est le terrible bilan de ce qui reste comme l’un des plus effroyables drames du sport automobile.

La manœuvre dangereuse d’Hawthorn, la suspicion quant au carburant utilisé par Mercedes… Nul ne connaît vraiment les causes de l’accident. Une chose est sûre : depuis, la sécurité entourant les courses automobiles a bien évolué !

5/ Pourquoi les 24 heures du Mans font concurrence au Festival de Cannes ?

C’est désormais une constante des 24 heures du Mans : la pluie… mais de stars. Et l’édition 2016 n’avait pas échappé à la règle. C’est tout simplement Brad Pitt qui avait donné le départ, tandis que Jackie Chan, Keanu Reeves ou Jason Statham se pressaient dans les tribunes.

Patrick Dempsey nous a aussi habitué à sa présence ces dernières années, jusqu’au volant d’un bolide puisqu’il a pris plusieurs fois le départ des 24 heures après avoir créé sa propre équipe (Fabien Barthez en avait d’ailleurs fait de même l’année passée).

Mais on se rappelle également de Paul Newman, deuxième dans la Sarthe en 1979, ou Steve McQueen, un immense passionné de cette course mythique tout au long de sa vie !

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